Les imaginales

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Mes comptes rendus :

Conférence « L’auteur et son illustratrice : le binôme de la mort qui tue »
Imaginales 2025 – Vendredi  23 mai, 10h-11h

   Lors du festival Les Imaginales à Épinal, j’ai assisté à une conférence intitulée « L’auteur et son illustratrice : le binôme de la mort qui tue ». Elle portait sur la collaboration entre auteur(e)s et illustratrices, à travers le témoignage de deux duos : Jean-Philippe Jaworski et Inès Cœur Mezzoud, puis Isabelle Bauthian et Maurane Mazars.

Jean-Philippe Jaworski et Inès Cœur Mezzoud : 
Le premier binôme est né de manière inattendue. Inès Cœur Mezzoud, étudiante à l’ESMA, découvre Gagner la guerre pendant ses vacances et choisit de l’illustrer pour son projet de fin d’études. Séduite par l’univers du roman, elle envoie ses illustrations à l’auteur, Jean-Philippe Jaworski, qui se montre très impressionné. Il lui accorde une grande liberté artistique, soulignant l’intérêt de confronter les imaginaires visuels des lecteurs à ceux de l’illustratrice.
Pour enrichir son travail, Inès s’inspire de paysages italiens et de références animales. Elle prend soin de ne consulter aucune version déjà illustrée, afin de préserver sa propre vision.
Isabelle Bauthian et Maurane Mazars : 
Le second duo présente une approche différente. Isabelle Bauthian, sollicitée pendant la pandémie pour écrire une œuvre originale, choisit de retracer la relation entre Jean Cocteau et Jean Marais. Elle collabore avec Maurane Mazars, qui accepte de participer.
Le projet, entre biographie et fiction, demande un travail de documentation rigoureux. Maurane s’appuie notamment sur les archives de la BnF pour nourrir ses illustrations. Contrairement au premier duo, son travail est plus encadré par l’autrice et l’éditrice. Elle parvient tout de même à exprimer sa sensibilité à travers les illustrations. De plus, Isabelle souligne que la réussite d’une collaboration ne dépend pas forcément de la proximité personnelle, mais plutôt d’une bonne entente artistique.

Cette conférence a mis en lumière deux manières de collaborer entre auteur(e) et illustratrice. D’un côté, une rencontre spontanée marquée par la liberté artistique ; de l’autre, un projet structuré. Dans les deux cas, ces binômes montrent combien texte et image peuvent se nourrir mutuellement.

Conférence « Du vaudou aux zombies : figure de la non-mort »
Imaginales 2025 – Vendredi  23 mai, 14h-15h

   Dans le cadre du festival Les Imaginales à Épinal, j’ai assisté à une conférence intitulée « Du vaudou aux zombies : figure de la non-mort ». Elle était animée par Audrey Taillon Demésy et réunissait trois intervenants venus de domaines différents : Kéfil Houssou, guide au musée Vodou de Strasbourg ; Philippe Charlier, médecin légiste et anthropologue ; et Clémentine Hougue, spécialiste en littérature comparée.L’objectif de la conférence était de retracer l’évolution du zombie, de ses origines religieuses à sa place dans la culture populaire contemporaine.
Les origines spirituelles du zombie : 
Kéfil Houssou a commencé par présenter le vaudou tel qu’il est pratiqué au Bénin, en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une véritable religion, souvent déformée par les stéréotypes. Le vaudou repose sur une vision du monde où les vivants, les morts et les forces de la nature sont profondément liés. Chaque personne est accompagnée par des esprits dès sa naissance, et l’harmonie entre les différents mondes est essentielle.
Le zombie haïtien : entre rituel et sanction :
Philippe Charlier a ensuite expliqué comment le vaudou s’est transformé dans les Antilles, en particulier en Haïti, avec l’esclavage. C’est là que le zombie apparaît, non pas comme une créature effrayante, mais comme une personne punie par la communauté après avoir enfreint certaines règles. Ce « mort-vivant » est souvent le résultat d’un empoisonnement, suivi d’un rituel destiné à lui retirer sa volonté. Il devient alors un symbole fort de contrôle social, mais aussi une forme de résistance à l’histoire coloniale.
Le zombie dans la culture occidentale :
Clémentine Hougue a montré comment, à partir des années 1930, la figure du zombie a été reprise par le cinéma occidental, notamment avec le film White Zombie, puis par George Romero dans La Nuit des morts-vivants. Le zombie devient alors une métaphore de la société de masse, de la perte d’individualité ou encore des dérives consuméristes. Il s’éloigne de ses origines religieuses pour devenir une figure centrale de l’imaginaire d’horreur.
Cette conférence m’a permis de mieux comprendre l’histoire du zombie et ses multiples significations. Derrière la figure populaire du monstre, il existe une véritable richesse culturelle, spirituelle et politique. Cela m’a aussi rappelé l’importance de questionner les représentations véhiculées par les œuvres de fiction, et de s’intéresser à ce qu’elles peuvent nous dire sur notre société.